SHERLOCK ST LOUIS ET CIE
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                                                                                       Price One Shilling

 LE JOURNAL DE SHERLOCK

Géographie de   

 Sherlock Holmes    

Sherlock Holmes.

     Une Vie

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&

 LA CHRONIQUE DE JUNEANDCIE               (https://juneandcie.com/) 

journal juillet aout 2017 sherlockslouisetcie

« Sherlock Holmes est une des plus grandes figures de la culture populaire et son seul nom est synonyme de mystère policier, de brouillard londonien et de crimes énigmatiques. De sa résidence de Baker Street à la gare de Paddington, des landes de Dartmoor aux montagnes suisses, de l’East End à Hyde Park, par les clubs et par les rues… Sherlock Holmes et son époque, retrouvés et commentés dans tous leurs lieux. Une géographie du grand détective, en photos rares, gravures et documents inédits. »

 

Mon avis

Une visite de Londres et même un peu plus loin, dans les pas de Sherlock Holmes, cela vous siérait ? Mettre vos pas dans ceux du seul et unique consulting detective, visiter les lieux emblématiques où se déroulent ses aventures, connaître leur histoire… C’est exactement ce que nous proposent à travers cet ouvrage  André-François Ruaud et  Xavier Mauméjean. Déjà auteurs de la biographie fictionnelle  Sherlock Holmes, une vie, du même éditeur, dans lequel je suis immergée, ces deux passionnés nous emmènent pour une flânerie ludique, entre histoire et fiction, dans le Londres de la fin de l’époque victorienne. Le Londres de Sherlock Holmes. 

Classées par ordre alphabétique à la façon d’une encyclopédie, les entrées synthétiques et claires nous baladent géographiquement, tel un guide, à travers les aventures de Holmes, de L’Admiralty (Les Plans du Bruce-Partington)  à Waterloo (Les Cinq Pépins d’orange) en passant par Le Criterion(A Study in Scarlett), le sinistre Dartmoor (Le chien des Baskerville) et bien évidemment Baker Street. Chacune expose avec clarté l’historique rapide du lieu, ses liens avec le canon et son état/activité au moment des faits. Ainsi agencées et complétées par des gravures, des affiches, des photographies d’époque ou actuelles, elles composent un étonnant panorama de ce Londres en pleine mutation, grouillant de vie et d’énergie.​                                                                                                           

sherlockstlouisetcie

Par souci de précision, les auteurs ont aussi fait le choix d’évoquer des éléments très spécifiques comme le lieu de scolarité de Watson mentionné dans le canon, le smog(brouillard) part importante du décor londonien ou des détails architecturaux spécifiques comme les fameuses bow-window, typiques de l’architecture anglaise et qui sont fréquemment mentionnées dans le canon.​​

Un luxe de détails qui ne fait qu’ajouter à l’intérêt de ce beau livre. Il qui présente aussi des lieux mondains de pratiques sociales comme les fameux clubs (Le Diogene’s club dans l’Interprète Grec), d’autres participant à la force économique de la ville comme les docks ou les gares, ou encore des organes politiques ou judiciaires (Le Foreign Office dans Les Plans du Bruce Partington ou tout simplement Scotland Yard).

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Tout ces éléments font viscéralement partie de la capitale anglaise,  participent à sa vie autant qu’ils contribuent à tisser une toile fascinante pour les aventures du légendaire détective. Au fil de cette Géographie, chacun d’eux apporte une touche au portrait de la capitale en ce début de XXème siècle, pour parvenir à ressusciter son ambiance si particulière.

D’une présentation claire, agréable et esthétiquement très soignée, l’ouvrage se lit avec grand plaisir et facilement, étant aussi instructif que passionnant pour les amateurs de Sherlock Holmes. Il complète d’ailleurs aussi agréablement qu’utilement le Sherlock Holmes, une vie, apportant une forme de réalité matérielle, tangible à la biographie fictionnelle imaginée par les auteurs, offrant comme un point de repère au lecteur. 

Si à quelques reprises, on peut regretter que l’ouvrage ne soit pas plus exhaustif dans ses explications, en particulier pour les connaisseurs de la capitale, il faut malgré tout garder à l’esprit qu’il ne s’agit pas d’un guide historique de Londres mais bien d’une Géographie relative à une oeuvre. Cette Géographie de Sherlock Holmes se révèle d’ailleurs  aussi précise et complète qu’attrayante. Et, au terme de cette flânerie, on referme le livre à regret, regrettant qu’elle ne fût pas plus longue. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, n’est-ce-pas ?

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Après son mariage avec la délicate Mary Morstan (The Sign of the Four), le Docteur Watson a quitté Baker Street. Profitant d’une visite à l’un de ses patients, il va s’enquérir de la santé de son ami Sherlock Holmes, espérant trouver celui-ci occupé et éloigné de la solution à 7% dont il a fait son remède contre l’ennui. C’est alors que le roi de Bohême fait une apparition théâtrale et théoriquement anonyme pour requérir les services du détective consultant.

Sur le point de se marier avec la seconde fille du roi de Scandinavie, il se trouve dans une situation embarrassante: une aventurière du nom d’Irène Adler a en sa possession une photo prouvant de leur liaison passée et qu’elle refuse de restituer. La révélation de cette aventure pourrait mettre en péril le mariage royal et entacher l’avenir du roi. Pour préserver celui-ci du scandale, Sherlock Holmes va se faire fort, par divers subterfuges, de récupérer l’objet, mais il se pourrait bien que cette fois-ci, il ait trouvé un adversaire à sa mesure

Mon avis

Après les deux romans que sont A study in Scarlett et The Sign of the Four, voici donc la première des cinquante six qui constituent ce que l’on nomme communément le canon holmésien. Publiée dans le Strand Magazine, son format court (une quinzaine de pages en grand format) lui confère un rythme narratif plus enlevé et dense que les deux romans précédents.

Sitôt qu’il l’a prié de s’asseoir, Sherlock Holmes manifeste son plaisir à retrouver son comparse en l’entraînant manu militaridans une nouvelle aventure. Conan Doyle n’en reste pas moins maître dans la façon d’installer son histoire, puisqu’en quelques lignes nous voilà embarqués, contexte expliqué et mystère posé. L’entrée en scène du roi de Bohême qui constitue l’élément déclencheur de l’action, est d’ailleurs un des moments savoureux de l’histoire, car avec les bandes d’Astrakhan sur son manteau doublé de soie, sa broche ornée d’un béryl et son papier de Bohême monogrammé, son Altesse n’aurait pas fait plus anonyme en amenant sa cour avec lui. Et l’on comprend avec un petit sourire que Sherlock Holmes le démasque sans peine.

journal juillet aout 2017 sherlockslouisetcie

Illustration du Strand Magazine par

          Sidney Paget. Source

Mais ne rions pas trop vite, car notre détective consultant n’aura pas la partie si facile tout du long, contrairement à ce qu’il croit.

Car si risible que puisse paraître le roi de Bohême avec ses cachotteries d’Opéra, se cache dans cette aventure une adversaire qui marque de son empreinte la carrière entière de Sherlock Holmes : The Woman. Celle qui aura su duper Sherlock Holmes. Et l’impression en est d’autant plus forte que notre détective consultant ne se montre pas toujours tendre avec le genre féminin.

« When a woman thinks that her house is on fire, her instinct is at once to rush to the one thing which she values the most.  […] A married woman grabs at her baby- an unmarried one reaches for her jewel-box. »

Prenons néanmoins garde à ne pas le qualifier à tort de misogyne. Jamais Sherlock Holmes ne laissa duper, souffrir ou insulter une femme. S’il reconnaît leur esprit, notre détective consultant se méfie, je dirais même se défie des femmes (trop émotives ? trop manipulatrices ?) comme il se méfie des sentiments. Souvenez-vous de cette citation qui termine The Sign of the Four, lorsqu’il dit à Watson ne pouvoir le congratuler en dépit des qualités de Mary, car:

« But love is an emotional thing, and whatever is emotional is opposed to that true cold  reason which i place above all things. »

Pourtant notre détective consultant a pourtant dû laisser le charme d’Irène Adler (ou un excès de confiance) troubler son sens de l’observation et sa pure logique, car il ne s’est point rendu compte que sa victime était en train de tromper le trompeur.

Il est amusant de constater dans cette nouvelle que, bien qu’il reste narrateur, Watson s’efface et passe au second plan pour laisser la pleine place à l’action dont une large part nous est contée indirectement par Holmes, faisant récit de ses investigations à son comparse. Conan Doyle joue ainsi des voix pour laisser place à la fois aux impressions extérieures de Watson, qui tient la place du lecteur et donne un avis extérieur, et à la fulgurance d’esprit d’un Sherlock en action, un peu trop rapidement content de lui-même, comme le montrera le dénouement. Ces deux voix qui s’imbriquent, donnent une dynamique très vive au récit, plongeant le lecteur au coeur des événements qui s’enchaînent rapidement.

Si Watson est en retrait c’est pourtant lui qui nous livre avec une certaine forme de pudeur la conclusion de l’aventure. Quelle impression fit réellement Irène Adler sur Sherlock Holmes nous ne le saurons jamais exactement. Cela restera l’un des mystères du personnage. Mais, dans la tendresse de cette conclusion,Watson paraît presque ému d’avoir découvert comme une sensibilité chez son compagnon.

Enlevée et fluide, mais pas dénuée de finesse et d’émotions pour autant, cette nouvelle très maîtrisée démontre l’amplitude des talents de la plume de Sir Arthur Conan Doyle, tout autant que la complexité du personnage de Sherlock Holmes.

Et en série, ça donne quoi ?

Le potentiel de la nouvelle a été pleinement exploité dans la sérieSherlock de la BBC à travers l’épisode 1, de la saison 2, resté culte, A Scandal in Belgravia. Faisant suite à The Great Game qui conclut la saison 1 et où est évoqué le fameux papier de Bohême, l’épisode écrit par Steven Moffat reprend de nombreux éléments de la nouvelle originale :

  • Irène Adler est dans les deux cas ce que l’on nomme de façon péjorative une aventurière, donc une prostituée de luxe en somme.

  • Elle détient dans les deux cas des photographies pouvant éclabousser de scandale une monarchie, mais affirme vouloir les garder pour sa protection.

  • Dans les deux versions, les dit clichés démontrent une liaison avec une personne de sang royal.

  • Jouant sur les sonorités, pour moderniser le scénarioSteven Moffat a joué sur les sonorités du titre. Ainsi Bohemia devient Belgravia, qui est un quartier situé au Sud Ouest de Buckingham Palace.

  • D’ailleurs dans les deux cas, Sherlock démasque rapidement l’identité de son client et l’aspect délicat du problème. Dans la nouvelle comme le scénario son premier conseil est de payer pour récupérer la ou les photos.

  • Le stratagème de l’incendie ainsi que le déguisement en homme d’église utilisés par Holmes pour s’introduire chez Irène Adler et découvrir la cachette des photographies sont repris presque littéralement dans l’épisode.

  • Dans les deux versions, des cambrioleurs tentent de s’approprier l’objet qui renferme les photos : dans l’original il s’agit d’un cabinet et les cambrioleurs ont été envoyés en vain par le roi de Bohême lui-même. Dans le second cas, il s’agit d’un smartphone et nos cambrioleurs sont de la CIA.

  • Irène Adler garde en hommage le surnom de The Womande la part de Sherlock dans les deux cas et reste la seule femme à l’avoir dupé.

Par ailleurs, cet épisode est riche en références aux nouvelles du canon comme The Greek Interpreter qui devient The Geek Interpreter et The Speckled Band qui devient  The Speckled Blonde. Par ailleurs c’est la première fois que Sherlock Holmes devient véritablement lui-même en s’affublant du fameux  deerstalker.

Néanmoins la nouvelle sert dans l’épisode de trame de fond à une intrigue bien plus complexe qui laisse deviner en coulisses celui qui tire les ficelles, Moriarty. En effet, étant très courte, l’intrigue seule de A Scandal in Bohemia n’aurait pu servir à couvrir 90 min d’épisode, sans souffrir de faiblesses. D’où la décision des scénaristes de s’inspirer de différentes nouvelles.

Le dénouement de l’épisode n’a pas été sans susciter quelques remous et allégations de misogynie à l’égard de Steven Moffat. En effet, celui-ci fait le choix, contrairement à Arthur Conan Doyle, de laisser la main en un ultime retournement à Sherlock.  Un choix qui avait sûrement vocation dans la série à ouvrir la voie à la grande confrontation entre les deux Némésis que sont Sherlock et Moriarty à la fin de cette saison, mais qui diminue quelque peu l’éclat de la duperie de la belle Irène. Cependant, il convient de noter que les deux intrigues se referment sur la même conclusion : Sherlock Holmes, ce brillant esprit, rendant hommage à la seule personne qui l’ai jamais battu : The Woman.

N’est-ce-pas cela qui compte ?

En savoir plus :

N’hésitez pas à aller consulter les chroniques des deux camarades avec qui je partage cette folle aventure holmésienne :  Light and Smell et Satorukudo. Je ne peux que vous recommander de comparer nos avis qui sont souvent contrastés et complémentaires pour avoir une bonne vue d’ensemble.

Par ailleurs,  pour les mordus de la série ou les curieux, vous pouvez retrouver ma chronique complète de l’épisode A Scandal in Belgravia.

Sherlock Holmes a existé !

Editions Les Moutons Électriques.

Parution : février 2011  Prix : 19€

Mon avis : The game is never over.

 » Et si…  » tel est le postulat de cette collection Bibliothèque Rouge des Moutons Électriques.

Et si… Fabuleux fantasme n’est-ce pas ?

Et si Sherlock Holmes avait véritablement existé ?

Et si Sir Arthur Conan Doyle n’avait pas été le génial créateur d’un personnage légendaire qui allait fasciner ses lecteurs à travers les siècles, mais l’ami, collègue et agent littéraire d’un certain John. Hamish. Watson ?

Partant du Canon comme fil directeur et coeur de leur fascinante toile, André-François Ruaud et  Xavier Mauméjean tissent tout un réseau d’hypothèses, de conjectures, toutes très étudiées, autour de la supposée vie du génial détective et sur son entourage. Ils supputent ainsi par exemple sur l’état du mariage de Watson, les raisons de ses multiples départs et retours à Baker Street, l’évolution de ses rapports avec Holmes. Ses liens supposés et possibles avec Arthur Conan Doyle, les véritables noms et lieux maquillés dans le Canon et les raisons qui motivèrent pareille précaution de la part du bon docteur. Les véritables fonction du frère aîné des Holmes (qui serait le premier M se cachant derrière le MI-6.) ou les raisons du caractère parfois étrange du détective. Autant d’analyses et de points qui constituent des pièces importantes du puzzle de la vie de Holmes.

Mais nos deux auteurs ne travaillent pas que la matière vive du Canon, loin de là. Avec une rare dextérité et se basant sur nombre d’études et de recherches antérieures, ils allient ces éléments fictionnels à un contexte politique, historique, sociologique, culturel pour ancrer avec force notre détective consultant dans le réel.

Augusta Holmès. Source

Lançant par exemple différentes pistes sur l’ascendance de Holmes, ils lui élaborent une plausible généalogie fondée sur des personnes réelles. Notamment une certaine Augusta Holmès (1847-1903) française et musicienne de renom, contemporaine du monsieur, d’origine britannique et irlandaise (une inspiration de Doyle quant aux origines françaises et irlandaises de Holmes et à son goût pour la musique et le violon ?) qu’ils voient comme une cousine possible de notre détective.

Avouez que la piste est séduisante, si ce n’est troublante… De la même façon, ils s’attaquent à ses études, ses différentes adresses, sa jeunesse confrontant chaque idée aux éléments donnés par le Canon et aux moeurs ou faits de l’époque.

 

Considérant chaque hypothèse qui fût un jour lancée au sujet de Holmes, ils analysent, dissèquent, conjecturent, jusqu’à reconstituer, autour de la chronologie et des faits donnés par le Canon, un contexte solide, structuré et cohérent autant quant à la personnalité de Holmes que quant à son époque. Chaque élément évoqué ramène à une parcelle de la personnalité ou des habitudes du grand détective.

Telle la consommation libre et à usage médicinal de la cocaïne, vantée par Freud lui-même qui n’est pas sans expliquer l’addiction de Holmes et sa facilité à la satisfaire. Cela s’achète dans la boutique au coin de la rue, ma bonne dame. Même le fameux dosage à 7% est expliqué, indiquant que la solution était vendue dosée à  10%, donc que Holmes lui-même devait déjà la diluer, sans compter l’intervention de Watson.

Ou encore le contexte de modernisation galopante de Londres (multiplication des gares, modification de la ville, apparition du premier métro souterrain, de l’éclairage électrique, du téléphone) alors même que notre détective semble profondément réfractaire à ces progrès techniques, s’obstinant à envoyer des télégrammes ou prendre des cabs. Lui qui a pourtant en matière de déduction, deux longueurs d’avance sur les méthodes de Scotland Yard. Holmes, bien que résolument moderne dans ses méthodes, est l’homme d’un monde ancien appelé à disparaître.

“There’s an east wind coming all the same, such a wind as never blew on England yet. It will be cold and bitter, Watson, and a good many of us may wither before its blast. But it’s God’s own wind none the less and a cleaner, better stronger land will lie in the sunshine when the storm has cleared.”

In His Last Bow (1917). Arthur Conan Doyle

Ou aussi le pourquoi du comment géographique, sociologique et administratif qui explique que Holmesne fût pas lancé sur la trace de Jack The Ripper, alors qu’ils furent contemporains. Si vous pensiez là tenir une preuve indiscutable de la non-existence de Sherlock Holmes, cette partie va vous faire ravaler votre moustache, tant elle est brillamment étayée.

Plus qu’une biographie c’est un petit pan de l’histoire anglaise et londonienne qui s’écrit à travers la vie de Sherlock Holmes. Dans cet étrange ballet entre histoire et fiction, nos auteurs amènent à se croiser aussi bien nombre de personnages historiques (Oscar Wilde, J.M Barrie, le roi Edouard VII) que des personnages littéraires tels Hercule Poirot, Arsène Lupin qui côtoyèrent Holmes dans d’innombrables pastiches. De cette façon subtile ils parviennent à insérer la fiction dans la réalité sans déranger les faits, ni d’un côté, ni de l’autre. Les auteurs de caractères fictionnels se retrouvant alors élégamment placés au rang d’agents littéraires (Oh ! Que le jeu sur les mots est joli !) tel Doyle pour Watson. Doyle dont la ligne de vie se trouve habilement enroulée autour de celle de son personnage et que nous retrouverons, en toute logique dans le contexte, à plusieurs points du récit. C’est d’ailleurs quelques lignes après avoir salué son départ, le 7 juillet 1930, nous laisserons Holmes, faute de plus de données, comme à la fin d’un rêve, à son immortalité. André-François Ruaud et  Xavier Mauméjean nous quittent en citant le Times qui allégua en 1957 que « puisque aucune nécrologie n’était à ce jour parue, Sherlock Holmes devait être toujours vivant. » Il n’était pas meilleure façon je pense de terminer cet ouvrage qui ravira sans conteste les amoureux de l’oeuvre de Doyle.

Un petit avertissement néanmoins : pour ne point se perdre entre réalité et fiction, il est préférable pour cette lecture d’avoir d’une bonne connaissance du Canon, d’être doté d’un bon sens du discernement teinté d’une touche de culture générale et d’un soupçon de sens du second degré.

Bonus appréciable, à la fin de l’ouvrage, vous trouverez une généalogie globale récapitulative pour vous repérer, une liste de nouvelles citées ainsi que, petit bonus appréciable, quelques pastiches et analyses qui nous aident à ne pas quitter Holmes trop vite. Délicate attention des auteurs ! Grâce leur soit rendue, mon petit coeur ne s’en remettait pas. 

Pour ma part, j’aimerais remercier nos deux auteurs pour leur ouvrage qui m’a ravi. Il est, pour moi, de ces livres pour la subtilité desquels on tombe en amour. La couverture m’avait déjà séduite, le reste m’a fait succomber. Personne encore ne m’avait dit que Sherlock signifiait en vieil anglo-saxon « cheveux clairs » et donc par extension « lumineux ». Rien pour cette précision tant recherchée, ils ont ma reconnaissance éternelle. 

Par leur précision, leur travail de recherche et de documentation intégrant de nombreux corpus littéraires et ouvrages de recherches, leur humour aussi, ils m’ont rendu Sherlock Holmes plus vivant que jamais, presque palpable à travers son époque et son intimité avec Watson. Mais surtout ils m’ont ouvert une formidable porte sur l’inspiration de Sir Arthur Doyle et ses influences. Au travers de la vie son personnage, c’est une part de lui que j’ai pu effleurer du doigt… 

JUNEANDCIE